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17 notes pour la période mars 2008

Vive la blogosphère française, vive la blogosphère des pèpères !

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Toute la blogosphère parisienne s'enflamme pour le cas du blogueur Eric Dupin. Le quotidien en ligne 20 minutes titre même : «C'est un jour noir pour le web français»(Au secours !!!!). Eric Dupin a été accusé d'avoir porté atteinte à la vie privée d'Olivier Martinez (le mec qui joue dans IP5). Il a été condamné jeudi à payer 1 000 euros de dommages et intérêts. Pas cool. 1 000 euros. Merde, c'est le prix de plusieurs baguettes de pain.

Pour moi, 1 000, c'est aussi le nombre de soldats français qui devrait aller renforcer les troupes occidentales dans le bourbier afghan.

Alors, au lieu de suivre les posts enflamés des bobogueurs parisiens, je vais suivre de plus près le blog de Jean-Dominique Merchet de Libé. En plus cela me rappellera mes années au SirpaT.

Vive la blogosphère française, vive la blogosphère des pèpères !

Sarkozy reçu en grandes pompes

Pour réfléchir à notre propre condition, pour prendre du recul, il est toujours intéressant d'avoir une vision extérieure sur notre propre pays.
Alors comment la presse anglaise appréhende-t-elle le couple présidentiel ?

La réponse en image (TheSun)


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Rebuts de presse n°9 : 300 millions pour Chirac, "poulardage" en banlieue, Bockel a Bon-Go...

Paperbin_rose Bon dimanche ! Moi - Cycéron - je vous propose un éclairage sur l'actualité de la semaine précédente. Quelques faits ignorés ou minorés, qui auraient pu vous échapper.

Cette semaine : Tir au poulet en banlieue, le Tibet meurt les TGV passent, 300 millions pour Chirac ?

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Nicolas Princen : total respect!

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Ce Princen, la jeune recrue de l'Elysée chargée de scruter les blogs, les forums et les réseaux sociaux pour signaler les rumeurs au sujet du président est une vraie bête du net....

Comme pour Kerviel, seules deux photos de lui existent. Il avait préparé le terrain, le bleubyte !

Municipales 2e tour : Live-bloguing avec IPol et Libération

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19h20 - La Cantine - On prend les mêmes et on recommence. Soirée de commentaires  en direct d'une poignée de blogueurs à l'esprit vicié et au mauvais esprit systématique. Pour le moment nous luttons avec le Wifi. On attend les chiffres définitifs de la participation.

Les écrans sont branchés sur France 3. Superbes animations 3D et une très apprêtée Audrey Pulvar nous font face. Les résultats de l'abstention sont tombés. 54, 5%.

"C'est moins bien que le premier tour, c'est comme en 2001"... Moué, heureusement qu'il y a de thermomètre majeur de la démocratie française, sans quoi les présentateurs n'auraient rien à dire avant 20 heures.

Rappel de l'enjeu du scrutin : la gauche va-t-elle enfoncer le clou ? La droite sauver les meubles ? Réponse imminente, dans quelque 20 minutes. Autre grosse question : Bayrou va-t-il sauver sa tête à Pau ? Le pari semble plus que duraille.

Premiers chiffres non officiels tombés dans la boîte magique d'Arnaud de Libération : 49,5 pour la gauche, 47,5 pour la droite.

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Plenel : "demain, c'est l'anniversaire de la naissance d'un poète sud-américain"

J'étais ce samedi avec Cyceron au MK2 bibliothèque. Nous avons assisté au lancement du site de Plenel, mediapart.fr. Nous guettions les petites infos. Quel scoop vont-ils sortir pour faire parler d'eux se demandait-on installé dans nos fauteuils d'un rouge révolutionnaire. Une partie de notre cerveau se projetait déjà dans le jus de roti de boeuf prévu pour le déjeuner. Je me versacise. Désolé.

Bref, Plenel a laissé filtrer des infos sur la Une de dimanche. La Une qui a pour mission de faire la première bonne impression, celle que l'on ne peut faire qu'une seule fois. Vers 12h45, Plenel lâche : demain, c'est l'anniversaire de la naissance d'un poète sud-américain. Ouh putain, c'est un message codé. Ils vont faire leur une avec une interview du chef des FARC !

Mondialisation VIII (et fin) : un remake du "Prisonnier" ?

Inde_prisonnier Sur le chemin du retour vers Bangalore, nous crevons deux fois. Faut dire que notre chauffeur est un pilote. Je lui demande s’il aime conduire, il acquiesce avec un large sourire. Tu m’étonnes. On se croirait dans un jeu vidéo, celui où il faut éviter la voiture en face en se rabattant au dernier moment.

Un local, probablement intouchable colmate notre pneu et le regonfle avant de le remettre en place. 30 mn chrono. Un allogène nous offre des 7up. Sébastien refuse, j’accepte à son grand désarroi. Je ne veux pas avoir l’air de le vexer, il semble refuser tout argent. Nous discutons sommairement car il ne parle pas anglais, mais canara, un dialecte de cette région. Il en ont plus de mille et 15 langues officielles. Voilà pourquoi tout le monde parle anglais.

Les britanniques ont quasiment réussi à détruire la tour de Babel, finalement. Juste avant de remonter en Tata, le souriant mais véniel indien nous réclame quand même "one hundred". Un poil déçus par la nature humaine, nous lui donnons 30 roupies qui le comblent amplement.

Arrivée largement en avance à l’aéroport. Il est 22h. l’avion ne décolle qu’à 2h du matin.

Impossible de pénétrer dans le hall. Deux policiers nous barrent le passage, nous expliquant que le vol Air France a un problème. C’est aux alentours d’une heure et demi du matin qu’on va être fixés. L’avion a été détourné sur Dubai pour raisons techniques. Mais ce n’est qu’une heure plus tard que nous serons conduits dans un hôtel aux frais d’Air France en attendant le prochain le lendemain matin. Mon camarade prend la chose avec assez peu de flegme. Durant le trajet vers l’hôtel, il se lamente : "oh c’est super loin"… Il a très hâte de retrouver sa famille. Moi je me trouve méga-philosophe. Je suis hyper-fier de moi. L’Inde aurait-elle réussi à me faire prendre conscience de la relativité des difficultés de l’existence ?

C’est le lendemain que je vais mesurer l’étendue de mon erreur s’agissant de ma sérénité supposée. Partis dans la précipitance, mes bagages sont embarqués dans deux taxis différents. Résultat : à l’arrivée me manquent deux valises. Mode panique. Mon passeport et billet électronique sont  dans la poche de l’un d’entre eux. Sueurs, tremblements… Non ça va, ils sont dans mon petit sac en bandoulière. Je les ai changés de place au dernier moment pour les avoir à proximité de main. Un éclair de génie comme j’en ai rarement.

Mais pas question de partir sans mes bagages. Je suis désemparé et scrute la salle à la recherche de mes valises qu’on aurait posées là en attendant que leur propriétaire se manifeste. Mes compagnons de route me conseillent d’appeler l’hôtel. Bonne idée mais mon mobile ne passe pas. On me prête un portable local. Pas mieux, la réception ne décroche pas. Ça commence à sentir vraiment le roussi. Je hèle un steward pour lui raconter mon problème.

Il se désengage immédiatement du problème auprès d’un cadre de l’aéroport. Ce dernier m’indique une file d’attente derrière le guichet d’embarquement dévolu aux réclamations diverses. Je prends ma place dans la file sans conviction et de plus en plus nerveux. Une américaine voyant mon visage affolé, me propose gentiment de passer devant elle. Je décline, décidé à boire mon calice seul, envahi d’un défaitisme croissant.

RizieresSoudain, la situation a priori perdue, se débloque en quelques minutes. "C'est l'Inde" me dira-t-on plus tard, d'un air entendu. Je suis pris en charge par une procédure parallèle hyper-efficace. Un officier aéroportuaire appelle l'hôtel. Ils ont retrouvé mes affaires et me les renvoient.

Un sherpa dédié s'occupe ensuite de les faire scanner et enregistrer. Mon malheur initial me vaut passe-droit et coupe-file absolu. Me voici bientôt dans l'avion, détendu du string, mais passablement fatigué.

Jusqu'à la sortie de la zone franche à Paris. Un douanier patibulaire désigne mon camarade à sa collègue : "C’est lui ?". "Oui c’est bien lui". C'est pas possible ! A deux mètres du bol de sangria. Un remake du prisonnier ou bien ? Commence à me gonfler leur ballon blanc.

Ouf, ce n'était qu'une blague de douanier. C'est bien connu, les douaniers sont sympas. On décampe sans demander notre reste. "Tu verras, un jour on en rira..." Oué, pas là. Enfin, nous voilà revenus sains et saufs de cette aventure. "ça fait du bien après un mois". Lapsus. C'est vrai qu'on a pas mal vécu en accéléré ces derniers jours. J'ai pas trop vieilli ? Les voyages dans l'espace, c'est tuant.

Je reviendrai en inde. Tombé sous le charme. In - de plus. Supporterais-je ses travers si je reste plus longtemps ? On verra...

Cycéron. Toutes les photos

Mondialisation VII : Chamundi Hill, tu paieras la bill

Chamundihill Ici, Sébastien et moi faisons office de "cash machines". "Vous avez des pièces étrangères ? C’est pour étudier à l’école. Vous avez des roupies alors ? Pas d’argent, papa malade, pour l’école…"

Les jeans propres et baskets trahissent leur niveau moyen de richesse. Ces mendiants appartiennent en fait à la classe moyenne locale. Les pauvres en Inde, ça se voit vraiment : pieds nus, dents gâtées, cheveux et ongles noirs… Mais à Mysore, on n’en verra pas beaucoup, en fait.

Je fais mine de pénétrer pieds nus dans un temple. Un homme me hurle dessus. Il me signifie à mi-mot, mi-mime, que je dois prendre une guirlande de fleurs confectionnée par une femme assise sur les marches. Je sens la vieille arnaque mais bon, lâche et ignorant, je m’exécute. Je dépose le collier devant la première statue venue. Sais même pas qui c’est. Je singe le rituel pratiqué par les indiens.

Ils embrassent leurs doigts avant de toucher chaque marche de l’autel sur laquelle ils s’apprêtent à poser le pied. Puis ils prennent un  peu d’encens rouge dans une vasque en bronze et l’appliquent au milieu du front. Avant de se rendre devant une idole, planquée au fond d’un salle en pierre à plafond très bas, illuminée par quelques lampes à huile.

On se croirait en plein Indiana Jones, les araignées en moins. Là, brûle de l’encens devant lequel ils s’agenouillent en psalmodiant quelques prières et en joignant leurs mains près du buste. Je fais tout pareil. Les indiens ne font pas attention à moi, absorbés par leur dévotion profonde.

Je sors du temple et là, bien évidemment, c’est la douloureuse : la femme me tend la main pour sa guirlande avec son Cerbère en back-up. Nous nous allégeons de 20 roupies, ce qui ne semble pas les contenter mais tant pis, nous prenons fissa la tangente.

Chamundihill2_2 Visite du grand temple, il faut enlever ses chaussures. Mais là encore, small business : on doit les confier à un gardien moyennant 10 roupies. Ce qui fait environ 20 roupies de l’heure pour garder des pompes, grave rentable comme commerce. Enfin, comparé au tarif du Louvres, toutes ces petites sommes ne représentent pas grand chose. Considérons cela comme une participation à l’entretien de ce patrimoine culturel. Une forme de mécénat en somme.

Sébastien et moi retenons essentiellement la double porte en argent retroussé qui est proprement sublime. Pour le reste, les idoles se mélangent assez vite dans ma tête. Ce sera pareil pour le palais de Mysore, il faudra déposer ses chaussures à un premier, puis son appareil photo à un autre. Avec récépissé ou ticket à chaque fois. Les Indiens sont des bureaucrates nés. Ils ont une obsession du règlement, même quand cela confine à l’absurde.

Dans le palais on vous demande six fois le billet, à l’aéroport, attention si votre bagage à main n’a pas le tampon officiel qui indique qu’il a subi le rayon X, à la sortie de certains magasins vous devez montrer votre ticket pour un recevoir un tampon qui ne sert à rien, vu que vous rentrez chez vous. Mais le fonctionnaire aura l’absolue certitude d’avoir bien fait son travail. Héritage hindou ou Nehru ?

Mondialisation VI : Les Indiens sont chaleureux

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Au petit matin (8h30), balade dans le quartier, à la découverte des centaines de petites échoppes dans des ruelles étroites. Pas moyen de se déconcentrer. Rickshaws et motos klaxonnantes déboulent de tous les côtés devant et derrière vous.

Foison d’échoppes plus variées les unes que les autres, magasins d’appareils électriques et pièces détachées, camelots, vendeurs de légumes, magasins de tissus, de chaussures, cireurs, scribes, marchands de charbon…

Je me promène en bon touriste avec l’appareil photo en bandoulière, histoire de ne rien rater de cette incroyable ruche. Les jeunes me sourient et me demandent de les prendre en photo. quand je leur montre le résultat sur l’écran de mon numérique, ils me remercient de leurs dents blanches immaculées.

Je m’arrête tout à coup devant une bâtisse devant laquelle se tient un attroupement. Par la porte d’entrée largement ouverte, on distingue des rangées de bancs devant un podium décoré d’une immense couronne de fleurs. Pas de croix, pas d’idoles… Je suis interloqué. Ni église, ni temple… Qu’est-ce que c’est ? Un homme sur le perron me fait signe de venir.

J’obtempère, poussé par la curiosité, me demandant tout de même dans quelle genre de secte il compte m’embrigader. Les barbus torses nus ne me rassurent pas.

Tissus_350x250 Mon hôte me rassérène : il s’agit d’un mariage, celui de son fils. La cérémonie n’a pas encore commencé et les invités attendent patiemment les mariés. J’apprendrai plus tard que les espèces de clochards en guenilles sont les aristos du cru : des brahmanes. On m’offre un délicieux tchai (mélange de thé Masala avec lait et sucre roux).

Je discute avec l’heureux papa. Il est chef mécano me raconte-t-il avec fierté, il a six enfants et 17 petits enfants. Il fait venir deux d’entre eux, deux adorables fillettes au regard vif et au sourire mutin que je prends en photo. Partout je ne vois que sourires et inclinaisons de têtes. C’est pas en France qu’un squatteur de noces serait considéré comme cela.

Une heure de discussion plus tard, toujours pas de mariés, je décide à regrets, de prendre congé de mes charmants hôtes. J’ai rendez-vous à midi au Modern café avec mes petits camarades.

Mondialisation, acte V : A la découverte de la vraie Inde

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C’en est fini de la formation de nos petits Bangalorais. Désormais, nous pouvons, mon camarade graphiste et moi, profiter des trois jours de rallonge négociés avec la directrice pour faire un peu de tourisme. Et rendre visite à Renan, un ami yogi du côté de Mysore. Cherchez pas, y’a pas de calembour.

Nous arrivons à tomber précisément le jour d’une grève nationale de taxis. Le truc qui ne s’est jamais produit. Impossible de louer un taxi privé. Heureusement que Renan a son réseau parallèle : celui des yogis de son coin. A 9h30 pétante, notre chauffeur est déjà arrivé à l’hôtel, dans son  4x4 Toyota blanc des années 80. Nous voilà partis pour trois heures de routes durant lesquelles je shoote une bonne centaine de photos.

Le plus frappant, c’est le contraste entre modernité et tradition. Des cultivateurs courbés sur leur rizière jouxtent une publicité criarde en 4X3 vantant les mérites d’un opérateur mobile.

- Un vieil homme, vêtu des blancs pagne et turban, enfourche une moto japonaise dernier cri.

- Six écolières en uniforme bleu, aux nattes à petit nœud, se pressent dans un rickshaw complaisant.

- Sébastien écrase comme un bienheureux, moi j’engrange des images. Nous arrivons enfin.


Niveau confort, c'est le grand écart


Ind_coco Notre ami habite une maison de poupées aux murs colorés d’une superficie ridicule et surtout, à hauteur de plafond inexistant. Il nous présente la demeure où nous sommes censés dormir le soir. Après une longue ascension par un escalier étroit nous débouchons sur un deux-pièces assez grand sans aucun meuble excepté une armoire boisée incrustée dans le mur.

La salle de bain sert de repoussoir à mon compagnon de voyage. Un pommeau de douche, deux robinets et un peu plus loin, un simple trou qui fait office de toilettes. La semaine de palace ne nous encourage pas à la simplicité. Sébastien tort le nez, le matelas à même le sol l’inquiète au plus haut point. "N’y aurait-il pas un  problème de bestioles" ?

Bref, notre yogi comprend et nous emmène au deuxième hôtel. C’est presque pire pour cinq fois plus cher. Les dessus de lit marronnasses en polyester moisis nous rebutent, nous fuyons. Le tôlier veut absolument nous retenir, il nous présente une deuxième chambre quatre fois plus grande avec un petit salon, mais même salle de bain crado et dessus de lit pourris. Nous déclinons, à sa grande insatisfaction. Il est vexé manifestement et ne dit pas au revoir.

Enfin, nous découvrons le Dasaprakash - Modern café. En fait de modernité, c’est un immeuble typique des années 20-40 qui fleure bon son art déco et ses années folles américano-britanniques. L’hôtel est en plein centre, à deux pas du marché et de centaines d’échoppes de toutes sortes. Les chambres sont rudimentaires mais propres. Et de bien meilleur goût que les précédents. Avec le dénuement au moins, on prend pas de risque.

Seul bémol : la douche toujours et les toilettes à la turque, sans papier. Les indiens se rincent le fayçal directement à l’eau, ce qui implique un contact palmaire assez déplaisant sans gants de toilette. Nous achèterons des kleenex demain, promis.

Pour le reste, le lit à structure métalliques les boiseries acajou, le design arrondi des ouvertures et le ventilo désuet ont leur charme. On se croirait en plein "Salaire de la peur".

Mondialisation, acte IV : claquer ce qu'on économise

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Troisième jour indien. Cette fois, nos chefs ont décidé d’en appeler à leurs supérieurs pour changer d’hôtel. Pas assez cher mon fils. Et puis, les environs ont un côté tiers-monde assez dégradant. Nous sommes évacués d’urgence au Royal Orchid

Changement assez radical de standing c’est vrai. Groom en tenue traditionnelle de soldat impérial à gants blancs, barbe et coiffe des palais maharajah. Hall au sol marbré, réception boisée et immense vasque d’orchidées sous un luminaire à candélabres en cristal…

Piscine sur le toit, petit déjeuner orgiaque, accès Wifi, écran plat géant, petit déjeuner à demeure, quotidien livré sur la porte… Et une armée de serveurs disponibles à chaque instant.

Je ne peux m’empêcher de penser aux propos de notre directeur général qui s’émouvait récemment du manque de moyens de son entreprise en déplorant qu’elle soit devenue "pauvre". Le lieu et le moment étaient d’ailleurs assez opportuns, puisqu’il s’agissait d’une soirée d’entreprise privée avec alcool à volonté et petits fours Dalloyau. Le lieu ? Aussi splendide qu’inabordable : l'aquarium ressuscité du Trocadéro.

Bref, ici même topo. Les économies réalisées sur la délocalisation éditoriale sont immédiatement réinvesties en restaurants hors de prix. Surtout à l’échelle des tarifs habituels du pays. Je ne me plains pas et profite à plein des gambas grillées sauce Masala, des calamars frits au curry et mille épices. Et des maxi KingFisher, bière doucereuse locale au format titanesque (650 ml).

Notre train de vie culmine au Lila Palace qui ne porte son nom qu’au niveau du cadre. Plafonds insondables, colonnes ouvragées, vaissellerie de grand standing… Mais au niveau tant de la nourriture que du service… Ce n’est pas ça.


L’un des serveurs pousse outrancièrement à la consommation, n’hésitant pas à remettre en cause de façon grossière nos choix pour leur opposer un autre plus coûteux. Ça finit par m’agacer, je lui dit d’arrêter, ce qui choque mes chefs. N’empêche, c’est beaucoup mieux, on n’est plus harcelé.


A 22h30, couvre feu alcoolique


Le chef de brigade s’approche de nous avec gravité pour nous avertir qu’il ne sert plus d’alcool après 11h et que toutes les bouteilles doivent avoir disparu des tables à compter de cet horaire, réglementation urbaine oblige.


Qu’à cela ne tienne, nous commandons plusieurs KingFisher d’un  coup. La grande classe, cette tablée raffinée jonchée de bières géantes. A 11h, nous n’avons qu’à peine entamé la première bouteille et les serveurs s’agitent frénétiquement pour nous inviter à faire table rase Je décide de renoncer à la mienne et en avertit mon malheureux serveur. Ce dernier me fait un clin d’œil et me gratifie d’un délai indéterminé pour me laisser le temps de finir.


Pas rancunier le garçon. A moins qu’il n’ait eu peur de se faire virer ? Cette fois je culpabilise vraiment. J’essaie de me rattraper en lui signifiant ostensiblement mon contentement. Minuit passé, Nous finissons par quitter la table, passablement éméchés.


Le lendemain les formateurs ont les yeux en capote de fiacre.

Carla n'a pas voté dimanche ?

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Lundi, au lendemain du second tour des municipales, un nouveau site web verra le jour : médiapart. C'est le site d'infos de Plenel. Un site accessible en grande partie moyennant quelques 9 euros par mois. Le prix d'une baguette de pain. Pas de quoi fouetter un chat. Mais la question de l'accès payant à l'info a agité le web français pendant plusieurs semaines.
Mais la vraie question est : quel scoop Plenel va-t-il sortir pour faire parler de médiapart, pour faire décoller son site ?
Au lendemain la victoire de Sarkozy, Rue89 avait pour son lancement révélé que Cécilia ne s'était pas déplacée pour voter au s'cond tour des présidentielles.

Alors quel scoop pour Edwy ?

Municipales : Live bloguing chez Ipol

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19h15, moi - Cycéron - j'arrive à La Cantine d'Ipol, locaux high-tech super design avec écrans géants rétro-projetés. Ambiance studieuse et tamisée, les quelques personnes présentes pour le moment sont essentiellement des journalistes d'Ipol et de Libération, tout affairés à leur tâche.

Le premier sondage non officiel arrive dans la boîte mail de l'un d'entre eux : 47% pour la gauche, 40% pour la droite, 29 % d'abstention.

Nous sommes plugués sur France 2, qui lâche de superbes jingles censés apporter les premières estimations mais qui s'avèrent, hélas, vides de chiffres.  Pierre-Etienne suggère de passer sur TF1, mais problème technique, on restera donc sur ce service public ultra-moderne.

Y A T IL DES BLOGUEURS DE DROITE DANS LA SALLE ?

"Y a t-il des blogueurs de droite demande" Pierre-Etienne ? Personne ne répond... Nous voici fixés sur la teneur politique des rédacteurs présents.

Petit buffet campagnard, vin rouge... Savent recevoir chez Ipol. L'équipe de live blogueurs s'est étoffée. Jules de Diner's room vient me rejoindre... Authueil déboulera lui vers les 21h45...

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Rebuts de presse N°7 : UIMM, les dessous d'une croisade, Dati censure, les distributeurs nous pigeonnent...

Paperbin_jaune Bon dimanche ! Moi - Cycéron - je vous propose un éclairage sur l'actualité de la semaine précédente. Quelques faits ignorés ou minorés, qui auraient pu vous échapper.

Cette semaine : ce que cache la croisade de Parisot, France-Télécom soigne sa ligne, les chiffres maquillés du chômage...

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Cycéron se mondialise, acte III

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Un assez méchant carillon me sort de mon profond sommeil. Je me lève prestement pour ouvrir à l’indien, le remercie mécaniquement avant de constater la violence de ma fatigue. Un affreux doute sourd en moi. Télécommande, télé, chaîne info. Arghhh… Il est 6h30 !

Se foutent de moi ? J’ai passé 3 bonnes minutes la veille, à leur répéter « you wake me up at nine, please, nine, yes. In the morning». Je comprendrai plus tard que les indiens disent toujours oui, surtout s’ils n’ont pas saisi. Pouvaient pas me comprendre : je roule pas les « r » et les « w », je les prononce pas « v ».

Le temps de m’ébouillanter et de me glacer l’échine plusieurs fois sur le mécanisme sadique de la douche avant de renoncer, courageusement. J’ai le neurone manifestement obscurci par le sommeil et une patience microscopique.

9h15. Aussi frais qu’un gardon mort, je me présente à l’accueil de l’hôtel. Un serveur endimanché me sert un thé au lait bien sucré et me propose un verre de pur jus de pastèque que j’avale avec circonspection, en conjurant mantralement le risque de tourista.

On est censé débouler au siège vers 11h30. Largement le temps de faire quelques photos du coin. Je  vais pas être déçu. La misère crasse côtoie la richesse des maisons cossues, à défaut d’être jolies.

A quelques mètres du hall de l’hôtel, gardé par un vigile, sont alignées des tentes dans un terrain vague, au milieux de déchets divers et morceaux de bois plus ou moins brûlés. Des vaches maigrelettes à dos de zébu sont couchées, inertes, sur le sol. Une femme plus loin prépare un feu pour le thé du matin.

Un peu plus loin, la route principale est déjà largement embouteillée de motos, triporteurs et voitures plus assourdissantes que jamais. Dans la cacophonie se mêlent des piétons indolents et imprudents ainsi que et d'innombrables chiens errants. Je retourne à l’hôtel.

Ne voyant pas venir le taxi censé nous amener à destination, je m’en inquiète auprès du patron qui décide de me donner un coup de main en appelant un de ses potes. Avec mes collègues désormais levés, nous poursuivons donc méthodiquement l’orgie.

11h15. S’rait ptet’ temps de s’inquiéter. Un coup d’œil dehors… Non ! Le tacos est déjà arrivé. Ça fait même un petit moment qu’il nous attend consciencieusement.

Le problème c’est qu’il faut maintenant payer les deux taxis, pour leur attente. Le patron roublard s’est bien gardé de nous avertir de l’arrivée du premier taxi, ce qu’il ne pouvait ignorer. C’est un des travers de ce pays : on a souvent l’impression, nous, riches occidentaux, d’être pris pour des distributeurs de billets. J’imagine que c’est assez commun aux pays où les écarts de richesses sont forts. On peut difficilement leur en vouloir de chercher à se nourrir un peu sur la bête. Mais, c'est moyennement agréable quand même.

Premiers contact avec les allogènes (y'a pas de plaisir)

Nous arrivons enfin à 11h30 au siège. Grand luxe ! Ecrans plats géants, bureaux vitrés teintés, plantes vertes et machine à café expresso dernier cri… A côté nos locaux parisiens, déjà impressionnants, font pale figure.
Seul souci : impossible de trouver nos amis. Nous déambulons d’étage en étage dans le dédale, sous les yeux stupéfaits des salariés locaux. Et vous, imaginez des guerriers Peuls traverser votre hall !

Dans chaque ascenseur, un liftier au moins. A chaque étage, un gardien vissé sur sa chaise qui s’assure que tous les visiteurs badgent bien, un préposé au café, un serveur par étage… C’est leur aide sociale à eux : multiplier les petits emplois - limite fictifs - pour redistribuer un peu de richesse. Technique éprouvée du « plein emploi » soviétique. Tout cela doit quand même alourdir un peu la facture de mon employeur, non ?

Enfin nous retrouvons nos hôtes, pas plus étonnés que cela de notre retard. Sont pas formalistes pour un sou ici, ni franchement anxieux.

Le formation débute : coup de massue sur nos pauvres élèves. Passage en revue des différents outils de publication. Des usines à gaz dont la complexité va croissant. Les yeux s’écarquillent, la respiration se fait plus difficile, l’angoisse monte… Première surprise : je pensais que les indiens étaient tous des bêtes d’informatique. Manifestement pas ceux-là. Zon jamais pratiqué le HTML et certains sont même carrément largués. 

Je découvrirai plus tard qu’il ont tous une formation littéraire en Français. Ah si : Une élève a travaillé chez Reuters. A la compta. Ça va être plus long que prévu…

Cycéron teste la mondialisation, acte II

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1H30 du matin, ça y est, nous voici en terre indienne.

L’aéroport semble minuscule et pourtant, quand nous sortons, une multitude d’Indiens agitent des cartons mentionnant le nom de dizaines d’entreprises et de leurs invités : General Electric, Monsanto… Ce modeste aérodrome charrie du beau linge en réalité. Ca fait plaisir de profiter d'une voie balisée par d’honnêtes travailleurs.

Ce n’est pas la seule chose qui nous marque. 22 degrés en pleine nuit de février, c’est pas courant, pour nous autres, culs gelés de l’hémisphère nord. Puis nous interpelle immédiatement ensuite, le bruit du trafic. Une flopée de triporteurs motorisés, de vélos et de voitures qui klaxonnent sans discontinuer.

Ici, l’avertisseur sonore ne signale pas un danger, il rappelle une présence, il indique une action : « fais gaffe j’arrive et je suis grave motivé Dugenou ». A croire qu’il s’agit même d’une marque de savoir-vivre, d’un rituel de politesse.

Notre taxi nous invite à le suivre. Une armée de petites mains s’empare de nos bagages. Décidément la boîte a bien préparé notre arrivée. C’est au moment d’embarquer que les mains tendues réclamant leur pourboire me font déchanter.  Hélas, je n’ai pas eu le temps de retirer une roupie. Les visages se font inquiets, les mines presque agressives. Avec mon Canon numérique autour du cou, je passe pour un sale rapiat. Mon collègue, voyageur expérimenté, dégage l’atmosphère en se soulageant de quelques petits menus-billets.

L’hôtel se situe dans une zone semi-urbaine comme on en trouve en France près des villes nouvelles. Des pavillons de style néo-colonial côtoient des entrepôts, des cahutes, voire de simples tentes. Le "Black coffee" ne paie pas de mine mais est de style résolument moderne. L’intérieur me rappelle tout à fait celui d'un hôtel à New-York.

Montage de bagages dans un microscopique ascenseur dont on ne sait pas trop l’utilité, si ce n’est confirmer l’impression de modernité. Le temps de s’installer dans la cabine, nos manutentionnaires serviables nous attendent déjà à l’étage.

Les chambres sont immenses. Ce sont de véritables suites avec salon privatif, balcon, lit double et téléviseur plat. Bon, faut aimer les comédies musicales indiennes et les prêches sikhs. Mais à petite dose, ça a son charme.

Fausse joie. En réalité les chambres sont minus. C’était juste la porte donnant sur une suite royale qu’on avait oublié de fermer. Sitôt fait, je me retrouve avec un chambrifime sombre et glauque dont la vue offre une vision panoramique sur un mur au crépi décrépi.

Pas le temps de finasser. Faut roupiller. L’est quand même 2h30 du mat’.

Cycéron a testé pour vous la mondialisation

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Dimanche 17 février, 6 heures. La mondialisation n’attend pas mon ptit gars.
Tout à l’heure, moi , Cycéron, m’envole vers l’Inde pour aller former mes nouveaux collègues de Bangalore.

Pour nous ménager une semaine entière de formation, z’on décidé en haut lieu – cherchez pas moi non plus j’ai jamais trouvé – de me torpiller mon dimanche comme il faut. Pour le moment vinte sur vinte. Déjà que mon samedi a été très majoritairement consacré à la préparation du voyage : courses, pharmacie, repassage, cherchage, énervage…

Là j’ai les yeux tout collés, courbatures dans le haut du dos, comme si j’avais porté des fagots toute la journée. L’Atlas. D'irrépressibles bâillements m’embuent les yeux d’un épais flot lacrimal et secouent mon corps de spasmes inquiétants.

Le temps de me faire houspiller par ma régulière pour avoir porté une chemise qu’elle avait repassé (on ne gâche pas le repassage d'une chemise durant un froissant voyage), d’appeler un tacos et me voilà parti pour Roissy.

Moralité, il est 7h, le jour est encore loin et je suis comme un con assis devant une borne wifi, mon ordi mini sur les genoux, à quinze mètres du terminal E où je dois retrouver mes collègues dans… Hum… une heure quarante cinq.

Ah l’angoisse de la ponctualité… S’il y avait une justice, mes bourreaux de parents devraient actuellement croupir dans un misérable cachot pour torture mentale.

Suis-je bête ! Le wifi ! Mon ami le Wifi ! Je vais pouvoir surfer comme un porc dans l’aéroport. Le voilà mon salut ! Très vite, la réalité me rattrape. Le site d’Aéroport de Paris est un exemple du genre. Z’expliquent bien tous les services géniaux qu’on pourrait avoir, comment kon paye, kommen ke c’est trop beau en vrai la vie. Mais pour le faire concrètement ? Je renonce après avoir consciencieusement cliqué sur tous les liens de leur vitrine vide.

L’occasion inespérée de commencer mon carnet de voyage. J’avais pas prévu d’écrire ce genre de connerie, mais bon. C’est l’occasion qui fait le lardon, comme disent les quiches.

Il me reste une bonne heure avant l’arrivée de mes camarades : juste le temps de planter le décor de cette opération Bangalore. L’idée, cogitée en haut lieu (toujours), est de voir comment nos dévoués amis Indiens pourraient produire chaque jour l’ensemble des contenus dont mon portail internet d’employeur pourrait avoir besoin. Sondages, galeries photos, articles…

Depuis dix jours, nous autres - éditeurs des rubriques du portail - travaillons comme des boeufs à la rédaction de beaux Powerpoints décrivant la manière dont fonctionnent nos outils de publication. Ou plutôt la manière dont il ne fonctionnent pas. Ces documents sont de fait un assez complet catalogue des bugs jamais corrigés dont nous savons contourner les travers, à force d’un acharné travail et d’une abnégation rares qui font l’admiration constante de nos reconnaissants managers.

Il s’agira sur place d’évaluer le potentiel rédactionnel de nos collègues délocalisés, afin de mesurer la proportion de travail à déléguer. Les cerveaux anglais à l’origine du projet tablent sur du 90-100 %. Sont très confiants face à la motivation, l’engagement et le niveau de formation des héritiers de l’empire moghol. Les vidéos de présentation des employés indiens où ces derniers s’expriment en français sommaire, ne nous invitent pas forcément à l’optimisme béat.

Au pire, ils feront du copier-coller. A mais non, puisqu’on n’est plus censé faire le reste... Mais comment tout cela pourra-t-il donc fonctionner ? Calme-toi coco. A chaque jour suffit sa peine. Au pire tu crouleras sous une masse démentielle de labeur pour pas un kopek de plus, parce que les grands penseurs auront minoré le facteur culturel. Pas de quoi fouetter un chat.

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