Le sage et séculaire Sénat demande l’avis d'un misérable chroniqueur du BenitoReport. Sénèque prenant conseil auprès de Steevy, on aura tout vu.
Flatté évidemment , je le suis. Mais comme ces jurés de tribunaux, pris au jeu de la démocratie , j’envisage l’affaire avec gravité.
Je vais donc m’efforcer de porter un regard "firm but fair " sur les trois auteurs du Livre économique de l’année. Pardon monsieur Toubon. : Ferme mais honnête.
Pierre Dockès propose un livre court au titre accrocheur "L’enfer ce n’est pas les autres" qui parle à tous les bacheliers de notre génération pédagogiquement élevée au lait sartrien.
Le ton est accessible, vulgarisateur. L’introduction offre une séduisante perspective : "Et si le modèle social français n’était pas un obstacle à une bonne insertion dans l’économie mondiale ?". Voilà qui intrigue et attire. Une martingale ?
Il n’y en aura pas, naturellement, de solution miracle. Pierre Dockès reprend le thème ricardien des avantages comparatifs et en appelle assez classiquement à l'innovation, la recherche. Rien de vraiment révolutionnaire, ni de très précis sur la manière. Il n’empêche, ce livre est remarquablement pédagogique. L’auteur arrive à contextualiser les grandes théories économiques pour les rendre digestes. Les phrases sont courtes, sans jargon, excepté quelques rechutes, telles les "externalités positives". Pardonnez-lui Seigneur, c'est un universitaire... :o)
Quelques lieux communs sont opportunément battus en brèche : Economiquement, on gagne toujours au détriment de quelqu’un (autrement dit, l’économie et la finance, sont immorales par essence), la fuite des cerveaux est toujours préjudiciable (non pas toujours, cf l’Irlande du XIXe s…)
Ce livre équilibré n’est pas non plus un panégyrique du libéralisme économique ricardo-smithien en l’honneur du "laisser faire, laisser passer". L’auteur plaide en faveur des échanges économiques, sociaux et culturels entre nations et civilisations, pour la concorde, la paix par l'interdépendance. On ne tue pas son débiteur. Mais il insiste aussi sur la nécessité de réguler, encadrer, réglementer.
En conclusion, il fonde notre avenir économique sur l’intégration européenne, voire mondiale. Je ne saurais trop abonder en son sens, en déplaise aux mélanchonnistes, si absolutistes qu’ils en deviennent anti-européens.
Un ouvrage utile aux néophytes "avertis" et aux antilibéraux profonds. Il ne fera pas changer ces derniers d'avis, mais s'il pouvait leur apporter un peu de complexité...
Crédit : Flick'r - Solardunord
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