Ici, on entre dans le pointu, le lourd, le balèze. Cet ouvrage accessible sur la forme, mais ardu sur le fond, explique remarquablement bien les phénomènes économiques actuels.
"Et c’est tant mieux, pa’ce que j’lirais pas ça tous les jours !", comme dirait Marie-Pierre Casey.
Bulle financière, baisse de la demande intérieure, domination des actionnaires, faible redistribution aux salariés, endettement des ménages… Les auteurs expliquent les mécanismes déflationnistes qui nous touchent depuis la fin des années 90.
Plus précisément, les difficultés économiques que nous subissons actuellement datent de la crise asiatique de 1997 qui bouleverse la répartition des rôles dans le capitalisme traditionnel. Investissement, transfert de technologies, exportations du côté des pays riches, nouveaux marchés par la croissance du niveau de vie chez les pays émergents.
Non, ce qui soutient aujourd'hui la croissance mondiale, c’est le crédit, à l’américaine. Avec les risques financiers que la généralisation de ce système font peser sur l’économie, comme en atteste l’actuelle tempête immobilière outre-atlantique.
Par ailleurs, l’atonie économique que nous subissons depuis dix ans ne serait pas liée à notre manque de compétitivité du travail (en particulier un système social trop protectionniste), mais à la conjugaison de plusieurs facteurs.
Premièrement la domination croissante des actionnaires qui entraîne une faiblesse structurelle de la demande intérieure et un problème d’investissement productif à moyen et long terme.
Deuxièmement une absence de coordination des politiques économiques européenne et internationale, qu’il s’agisse du budget, de la fiscalité ou de l’innovation et de la recherche. Ex : la "TVA sociale" décidée unilatéralement en Allemagne, qui a accru sa compétitivité au détriment de ses partenaires européens. Voir aussi la tentation sarkozienne de l’imiter prochainement.
Troisièmement une politique monétaire anti-inflationniste désuète qui ne correspond plus à la problématique déflationniste. Exemple : la sacro-sainte indépendance monétaire de la banque centrale européenne, rigidement braquée sur la maîtrise de l’inflation qui ne prend pas en compte les problèmes de croissance et d’emploi.
La solution passe donc par une meilleure intégration politique européenne pour affermir la place de l’Europe dans le monde et faire valoir une position commune auprès des instances internationales (FMI, OMC). Elle passe par la subordination monétaire au politique. Elle passe aussi par une politique de l’innovation, de la formation et de la recherche dynamique à court et long terme.
Un livre pédagogique, et très sérieux (les formules mathématiques et les multiples graphiques en imposent) qui décode de manière aussi simple que possible les phénomène économiques mondiaux et propose des solutions mesurées et de bon sens.
Le problème : celles-ci passent par un courage, une vision et un désintéressement politiques, loin de tout clientélisme et tout populisme. Attendons le prochain tour…
Crédit photo : Flick'r - Fintag
sur la TVA en allemagne on peut lire dans La Gazette de Berlin :
http://www.lagazettedeberlin.de/tva_conjoncture_2006.0.html
Rédigé par : jerem | 17 décembre 2007 à 02:24
Bonjour,
Juste un petit mot pour vous signaler ma surprise,
La fameuse crise financière peut en effet ètre une aubaine.
Avec une taxe « Tobin » de 0.5 % prélevée par le FMI , les
gouvernements seraient libérés de leurs engagements, la
nationalisation devient une mondialisation, toute la crise
est passée en trois ans et le FMI prend sa véritable grandeur.
Qu’en pensez vous ?
Christian-hubert chc@cac109.com
Rédigé par : chedhomme Christian-hubert | 09 octobre 2008 à 18:16