Ô le Bel Alexandrin de Raffarin
Sans le vouloir, Jean-Pierre Raffarin vient certainement de commettre sa plus belle raffarinade. Vendredi devant un parterre de jeunes du parti populaire européen il lâche : "Win the yes need the no to win against the no".
Mais la diction est maladroite. Alors, c'est l'allali. Il est hué, conspué le jour même par les Guignols de l'info et les journaux télévisés. Tel le barde gaulois du village d'Astérix, Jean-Pierre voute un peu plus les épaules et part, poète incompris, vers Matignon, sa cachette qui, comble du tragique est connue de tous.
Pauvre Jean-Pierre ! Pour tous, sa raffarinade a tourné à la marmelade. Pourtant Jean-Pierre vient de nous livrer un alexandrin des plus hugolien. Un vers poétique au sens noble du terme. Sa forme répond à son fond et cette alchimie du signifiant et du signifié transporte un véritable message. Clairement, cet alexandrin d'une maladroite beauté nous rappelle la complexité de la constitution européenne. Et la complexité du choix entre le oui et le non. L'emploi de la langue de Shakespeare joue aussi un rôle. C'est un appel de Jean-Pierre aux Anglais. Une supplique pour que nos ennemis d'hier intègrent complètement l'Europe. Enfin, choisir de lancer une raffarinade sous forme d'alexandrin montre que ce poète du Poitou-Charente a compris que la politique était aussi une affaire de souffle poétique.
Fin communiquant, il lache ce vers en plein Printemps des poètes. Jean-Pierre est toujours en phase avec l'actualité. Malheureusement notre barde inaugure en fait l'hiver du poète.
La poésie reste heureusement une porte de sortie lorsqu'on n'a plus rien à dire, lorsque tout est dit, lorsqu'on a envie de partir et qu'on ne peut pas, lorsqu'on a envie de séduire et qu'on n'y arrive pas, ou lorsque l'envie vient à manquer, lorsque personne n'écoute plus et qu'on reste seul avec son poids de mots.
Jean-Pierre RAFFARIN, l'homme d'état le plus malheureux de tous les temps, est comme beaucoup de ses corréligionnaires du OUI, il n'a plus rien à dire, et plus personne d'ailleurs ne l'écoute plus. Lui-même n'est pas convaincu, et il est même sommé de se taire.
Rédigé par: Benoît-Brisefer | 24 mars 2005 at 13:54
Raffariner n'est pas donné à tout le monde, a fortitori dans la langue de Thatcher...
Je me dis parfois, heureusement qu'il est là pour provoquer un peu de sourire dans les flashs info! Cette année, il est nominé au Prix humour et politique avec cette phrase: "Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints".
[ http://fr.news.yahoo.com/050329/202/4c5yx.html ]
A plus, Benoît, merci pour ton chouette commentaire sur Vers l'infini ;-]
Rédigé par: Clem | 31 mars 2005 at 11:42
Bonjour à tous!
Beaucoup de gens pensent à tort que notre 1er ministre s'est exprimé en anglais, mais moi qui vient de la région Poitou-Charente je peux vous dire que en réalité monsieur RAFFARIN s'exprime en Poitou-charentais!!!!
Ce que "To win, the yes need the no to win, against the no" signifie est "Je suis une buse, j'aurais jamais dû quitter Chasneuil et encore moins etre 1er ministre."
Si jamais il venait à reparler en Poitou-charentais, je reviendrais traduire pour vous.
Rédigé par: Audaire | 31 mars 2005 at 16:56
Merci Audaire pour la traduc'
Pour info, un habitant de Poitou-Charentes est un Picto-Charentais!!
Rédigé par: Clutch | 01 avril 2005 at 10:12
raffarin connard
Rédigé par: il | 03 mai 2005 at 09:48